Vers Le Mans en commun soutient les salarié.e.s de Renault dans la tourmente !

Le site Renault du Mans a largement été soutenu par les collectivités territoriales, ainsi Le Mans Métropole en 2012 accordait 450000 euros en échange de la création de 45 emplois, cette somme s’ajoutait alors à 450000 autres euros apportés par le conseil départemental de la Sarthe et à 900000 euros par la région Pays de la Loire. N’oublions pas non plus l’aide nationale du CICE de François Hollande qui a été distribuée sans contrepartie et dont Renault a largement bénéficié. Et depuis ? Quoi ? Les contrats de travail attendus ne sont jamais arrivés. Pire : la direction a fait le choix de privilégier l’intérim au détriment de vrais emplois et de pressuriser toujours plus ses salarié.e.s. Ainsi depuis les accords de 2013, la marque au losange a rogné ici sur le temps de travail, là sur les salaires. Le site a beau se vanter d’avoir créé 500 CDI depuis 2015, ces embauches ne servent pas à compenser les départs à la retraite. Actuellement, il y a 1890 personnes en CDI sur le site du Mans, alors qu’elles étaient plus de 2000 avant 2013.

 La CGT, notamment, vient de dénoncer le chantage à l’emploi qu’exerce la direction pour justifier son intransigeance et refuser de légitimes augmentations de salaires. L’argumentaire patronal pourrait se résumer ainsi : « attention, si vous ne revoyez pas vos exigences à la baisse, nous envisagerons de fermer le site du Mans ». C’est également dans ce contexte que l’on apprend la mise au chômage partiel d’une centaine de salarié.e.s du site de la fonderie de février à juillet prochain. Un chômage partiel qui sera donc compensé par l’assurance chômage : Une nouvelle aide indirecte de l’état aux manquements salariaux de Renault en somme. Et pour se justifier la direction a l’indécence d’arguer de moins bonnes performances l’année dernière. La réalité est tout autre. En 2019 l’entreprise Renault a encore dégagé un bénéfice net de 19 millions d’euros. Certes moins que les années précédentes, mais une somme qui reste indécente quand on la compare à ce que subissent les salarié.e.s du groupe. Cette baisse est à imputer uniquement à des jeux comptables et à la baisse des dividendes versés par Nissan à Renault mais absolument pas à la responsabilité du travail des salarié.e.s. Pourquoi dès lors la direction devrait-elle leur en faire payer le prix ? Il faut le dire, Renault va bien. Très bien même. La marge opérationnelle de l’activité automobile de Renault dans le monde, fondée sur le travail de milliers de salarié.e.s est  positive à hauteur de 2,6 milliards d’euros. Cela représente un taux de marge de 4,8% mais ce n’est pas assez pour les actionnaires qui exigent 7% pour 2022, ces mêmes actionnaires vont encore percevoir 312 millions d’euros pour 2019 alors qu’est annoncé un déficit de 142 millions. Pas de dividendes versés, pas de déficit !

 Avec les salarié.e.s nous refusons cette logique capitalistique qui font des travailleur.euses une simple variable d’ajustement avec  des conséquence désastreuses ici, au Mans et dans la Sarthe pour des vies humaines, pour notre territoire et notre économie. Des centaines de familles devraient se retrouver dans l’inquiétude de licenciement et de fermeture, pour que des fonds de pensions puissent continuer de s’engraisser ? Non ! Il en est hors de question.  Notre liste Vers Le Mans en commun est certes porteuse d’un projet de rupture municipale, mais nous assumons également de nous inscrire dans une résistance plus globale vis à vis des méfaits de cette économie destructrice. Il y a urgence à travailler à une ré-organisation et à la recherche d’une production sur des segments économiques adaptés qui pourraient répondre aux enjeux des bouleversements climatiques. Les travailleurs et travailleuses de l’entreprise ont des propositions en la matière, notamment en ce qui concerne la relocalisation des productions ou encore la construction de véhicules d’entrée de gamme plus écologiques et accessibles. Des propositions hélas continuellement ignorées par une direction qui s’affranchit allègrement des objectifs environnementaux qui lui sont fixés quand ils s’opposent à sa rentabilité maximale. C’est ce qu’expliquera la CGT Renault durant sa conférence de presse du 3 mars prochain. Nous le disons : Le bien commun et les emplois valent plus que leurs profits. Notre combat est aussi celui de la défense des travailleurs et des travailleuses. Notre combat pour l’écologie ne saurait exister seul, sans celui pour la justice sociale et la défense des classes populaires. Aussi Vers Le Mans en commun souhaite aujourd’hui témoigner aux salarié.e.s de Renault de son soutien et de son entière solidarité

Le Mans LE 24 FÉVRIER 2020